Le mal des montagnes

Les symptômes associés au mal des montagnes pourraient se comparer à un lendemain de veille : maux de coeur, perte d’appétit, étourdissements, maux de tête. En bonus viennent l’insomnie, la lassitude et l’essoufflement. Ces symptômes surviennent habituellement à des altitudes au-dessus des 2,500 mètres et ce, à l’intérieur de 10 à 24 heures de l’arrivée. Ces ennuis s’amenuisent (acclimatation) entre trois à sept jours.

 
 
 

 

Qui êtes-vous ?

Touristes urbains de haute altitude (y compris les skieurs) ?

Vous arriverez bientôt à Quito, Cuzco, Aspen ? Le tiers d’entre vous ressentirez des malaises typiques du mal d’altitude. Vous pouvez, lors de l’apparition de symptômes ou la veille de votre arrivée, prendre un demi à un comprimé de Diamox*. Les anti-inflammatoires (Advil,Motrin) réduisent efficacement les maux de tête et le Gravol, la nausée. Le Diamox améliore votre sommeil puisqu’il équilibre au niveau des reins la source, complexe, de vos symptômes.

 
 

*Le Diamox


Le Diamox est conseillé si vous prévoyez une ascension rapide du niveau de la mer à 3000 mètres et plus (altitude à laquelle on couchera) en moins de 24 heures. Il est utile pour ceux qui ont déjà mal réagi à l’altitude. Si vous n’avez jamais eu de problème la prophylaxie n’est pas indiquée. Le Diamox est contre-indiqué si vous êtes allergique aux sulfamidés (Septra, Bactrim par exemple).

 

 

Vous optez plutôt pour une expédition en hautes montagnes ?

Pour éviter des problèmes sérieux : une montée graduelle

  • À partir d’une altitude de 3000 mètres ne dormez jamais à plus de 600 mètres au-dessus de l’altitude de la veille.

  • À tous les 600 à 900 mètres, passez une nuit supplémentaire sur place. Pour aider à l’acclimatation vous pouvez passer la nuit à une altitude moindre que l’altitude atteinte pendant la journée.

  • L’alcool et les sédatifs augmentent les risques de complications.

  • Il n’y a aucun rapport entre la forme physique et la susceptibilité au mal des montagnes. Vous vous êtes entraîné des mois avant de partir ? Vous n’en serez pas moins victime du mal des montagnes au contraire, votre forme physique vous entraînera plus rapidement plus haut.

 

 

L'oedème cérébral

Le mal aigu des montagnes peut devenir particulièrement menaçant. L’oedème cérébral (enflure du cerveau) de haute altitude se reconnaît par une détérioration neurologique qui s’accompagne des symptômes suivants: incoordination des mouvements à la marche (on marche tout croche), comportements bizarres, état de conscience altéré pouvant aller jusqu’au coma. Un mal de tête carabiné est habituellement présent. Il s’agit d’une urgence médicale car s’il n’est pas traité, un oedème cérébral est mortel.

La descente s'impose

C’est là le meilleur traitement. Si cela s’avère impossible, l’administration d’oxygène ou encore, l’utilisation d’une chambre hyperbare portative permettent de gagner du temps avant la descente. Dans le cas où ni l’un ni l’autre ne sont possibles, le Diamox à raison de 250 mg deux fois par jour ou les stéroïdes (Dexaméthasone) à 4 mg aux 6 heures sont utiles mais ne remplacent pas la descente. Il n’est pas prouvé que l’utilisation simultanée des deux médicaments soit supérieure à l’administration de l’un ou l’autre des médicaments.

 

 

L'oedème pulmonaire

Un autre phénomène, l’oedème pulmonaire de haute altitude (OPHA, ou HAPE, pour High altitude pulmonary edema) est responsable de la plupart des décès en altitude (possible au-dessus de 2,400 m). Il se manifeste d’abord par une toux sèche évoluant vers une toux grasse caractérisée par des crachats rosés, voire sanguinolents. Il s’en suit une détresse respiratoire évoluant rapidement. Ce phénomène survient habituellement la deuxième nuit à une nouvelle altitude. Ce sont ceux qui grimpent trop rapidement à une trop haute altitude qui en sont les principales victimes.

La descente est impérative

La Nifédipine (Adalat) est un médicament qu’on n’utilise que si la descente est impossible ou/et que si l’oxygène n’est pas disponible.
Ce médicament est aussi utilisé en prévention pour ceux qui, dans le passé, ont souffert d’un oedème pulmonaire de haute altitude et qui désirent grimper de nouveau.

 

 

Attention à vos yeux

  • Kératite : La réflexion des rayons du soleil sur la neige et l’augmentation des rayons ultra-violets peuvent causer des kératites ou lésions à la cornée.

  • Hémorragies rétiniennes : Au-dessus de 14,000 pieds (4,200 mètres) et plus fréquemment au-dessus de 18,000 pieds (5,400 mètres) des hémorragies au niveau de la rétine de l’oeil sont fréquentes mais ne cause habituellement pas de perte de vision.

N.B.

  • Les verres de contact se tolèrent moins bien en altitude. Prévoyez des paires de lunettes.

  • Plus on monte en altitude, plus les rayons ultra-violets brûlent la peau. Procurez-vous un écran solaire total ou au moins un facteur de protection de 60.

 

 

Bien s'hydrater

Le rein est l’organe le plus important dans l’acclimatation en haute altitude. Il permet de mieux s’acclimater à l’altitude par un processus complexe dans lequel la perte d’urine est augmentée. Il faut boire plus que d’habitude d’autant plus que le Diamox qui agit aussi comme un diurétique vous fait perdre à son tour davantage de fluides.